Ce que votre maman ne vous a jamais dit à propos des jupes

A l’instar de mon amie Barbara du blog Le Monde selon B, je pense que la place et l’image des femmes dans notre société est complexe et multiple. Mais je vais traiter le sujet de manière assez légère en attaquant par un angle un peu loufoque : la jupe.

Au cours de mes études, j’ai eu l’occasion d’étudier un certain nombre de théories économiques. Un jour, je suis tombé sur la « Hemline Theory », autrement dit la théorie de l’ourlet. D’après cette théorie, lors des périodes de croissance économique, les jupes des femmes ont tendances à se raccourcir et à l’inverse, lors des périodes de crise économique, les jupes se rallongent. Cette théorie est bien entendue réfuter par les stylistes et professionnels de la mode.

Durant les anmailnées 20, les jupes se portent au niveau du genou. Pour l’époque, c’est court. Et Wall Street se porte bien. Suite au krach boursier de 1929, les jambes des femmes disparaissent sous de longues robes. Dans les années 60, la naissance de la minijupe correspond au commencement de la consommation de masse et de la prospérité économique. La dégringolade de l’économie et les chocs pétroliers des années 70, fragilisent la société, qui se rebelle et les hippies aux longues jupes fleuries font leur apparition. Bien entendu, cette théorie ne se vérifie pas à toutes les décennies. Dans les années 40, les femmes portent des jupes courtes pour des raisons pratiques. En 2012, les jupes étaient plus courtes qu’en 2011 dans les défilés de mode, ce n’est pas pour autant que l’économie est repartie. Encore aujourd’hui, les jupes longues des années 70 reviennent chaque été sur les bords de plage.

visuel 2Je me suis intéressée à cette théorie, car je la trouve symptomatique de notre société moderne. Nous tentons de trouver irrémédiablement des réponses à des sujets épineux dans des éléments futiles, tels que la longueur des jupes des femmes! Évidement, la théorie n’est pas dénuée de sens, car l’un des pans du métier de styliste est d’être à l’écoute de la société. Et il faut bien avouer, que lorsque nous ne nous sentons pas en sécurité et en confiance, nous avons une tendance à nous couvrir (jupes longues, manches longues ou collants opaques). Réfléchissez-y. Lorsqu’un homme vous siffle ou même vous arrête dans la rue. L’une de votre première pensée sera de vous dire que vous n’auriez pas dû choisir cette tenue ce matin. C’est idiot! Les hommes n’ont pas vraiment besoin d’une incitation vestimentaire pour se comportez en relou.

La jupe est un élément majeur dans le vestiaire féminin. Un élément sujet à de nombreux jugements. La jeune Rosea Lake l’a mis en évidence en postant sur les réseaux sociaux une photo de ses jambes avec une échelle de jugement appliqué au corps de la femme selon la longueur de sa jupe. Cette photo a été likée et reposée plus de 300 000 fois. Dans le même temps, un groupe d’étudiants, qui devait créer une campagne de publicité pour lutter contre les préjugés, ont décliné cette idée :campagne-association-terre-des-femmes

La campagne est plutôt efficace et assez proche de la réalité. Les trois parties du corps qui concentrent le plus de clichés sont examinées : le buste (avec le décolleté), les jambes (avec la jupe), les pieds (avec les talons des chaussures). Le message est on ne peut plus clair : « Ne mesurez pas la valeur d’une femme à ses vêtements. » Très souvent, les femmes sont jugées en fonction de ce qu’elles portent. De ce qu’elles dévoilent ou non. Ces jugements sont en général négatifs et peuvent tout aussi bien venir des hommes que des femmes. C’est humain et pourtant, c’est tout sauf intelligent. Depuis quand la longueur d’une robe, la hauteur des talons, la profondeur d’un décolleté sont devenus des indices de valeur d’une personne?! Je pense que le choix de votre jupe ou robe doit se faire d’après votre morphologie et vos goûts personnels. L’avi d’inconnu sur ce que vous portez ne devrait pas être déterminant. D’autant que ce type de jugement semblent s’appliquer bien plus aux femmes qu’aux hommes. Un homme à la chemise ouverte jusqu’au nombril fera tout au plus rire, mais ne se fera pas insulter.visuel 3

Certains qualifierons cet article de féministe. Et c’est sans doute le cas, car je n’ai aucune honte à dire que je suis féministe. Le féminisme, définit par le Larousse est « un mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société ». Le féminisme n’a pas de sexe (#HeForShe, le combat ne peut marcher que si les hommes comprennent et se rallient à cette cause), d’époque ou de continent. C’est un mouvement qui est toujours aussi important aujourd’hui que dans les années 50. Tout simplement parce qu’encore aujourd’hui l’égalité des sexes n’existe pas! De mon point de vu, le but du féminisme n’est pas de pousser les hommes vers la sortie pour les remplacer par des femmes. Il s’agit simplement de permettre aux femmes de trouver leur place dans la société. Une place égale à celle des hommes. Le mérite, les compétences ou les qualités humaines d’une manière générale, n’ont pas de sexe, d’âge ou de religion. Pourquoi une femme faisant autant d’heures et de chiffre d’affaire qu’un homme, devrait-elle accepter d’être payer moins? Pourquoi une femme devrait-elle y réfléchir à deux fois avant d’enfiler une jupe le matin pour aller au travail, parce qu’elle risque d’être considérée comme trop courte? Pourquoi une femme ne peut-elle pas marcher dans la rue sans être victime de regards lubriques et d’insultes? Être une femme en 2015 est plus facile qu’en 1945. Mais cela ne veut pas dire que c’est une partie de plaisir. Le monde a évolué et les comportements aussi, mais le féminisme existe toujours. Être féministe c’est un peu à la mode, grâce (ou à cause?) des Beyoncé, Lady Gaga et autres Katy Perry. Je n’ai rien contre leur féminisme en petite culotte, qui prône une femme forte à la féminité exacerbée. Cependant, je ne pense pas que les jeunes femmes d’aujourd’hui devraient forcément s’identifier à ce féminisme. Chacune doit se construire seule et pouvoir décider librement de sa façon de se voir entant que femme.

Pour conclure cet article, je souhaite partager avec vous l’une des mes vidéos préférées d’Ellen Degeneres, qui traite toujours le sujet du féminisme (comme tous les autres sujets d’ailleurs) avec humour – vidéo en anglais et sans sous-titres:

A bientôt mes godiches!
Joannie

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